jeudi 25 août 2016

Critique n°33-ter : Total War : Warhammer, Call of the Beastmen, les satyres chaotiques n'attendent que vous

Ils sont là.
Après les Guerriers du Chaos, Creative Assembly a sorti le 30 juin 2016 un second DLC intitulé « Du Sang pour le Dieu du Sang », apportant uniquement des effets cosmétiques sanguins pour 2,49 euros. Deux patchs gratuits ont quant à eux rajouté quelques unités, dont les Chevaliers du Sang (Comtes Vampires) ou le mage de la Voie de la Bête (Empire), mais la grosse nouveauté du second a été de rajouter sur la carte de campagne une nouvelle race contrôlée par l’intelligence artificielle : les Hommes-Bêtes. Et comme rien ne vient sans rien, un DLC payant a vu le jour le 27 juillet 2016 pour 17,49 euros, vous permettant de contrôler cette nouvelle faction. Voyons plus en détail de quoi il s’agit ici (ou sur la Gazette).


I. Les minotaures sont de sortie

Mélange d’hommes et de bêtes sauvages, les hardes chaotiques des Hommes-Bêtes sont peuplées de centaures, de minotaures et d’autres créatures rappelant les satyres de la Grèce antique. Tout ce bestiaire se retrouve dans un système de horde, semblable aux Guerriers du Chaos. Chaque commandant en dirige une, et vous devrez choisir entre vous déplacer et attaquer, ou bien vous reposer et construire des bâtiments destinés à améliorer vos troupes ou à en débloquer de nouvelles.
Choisissez entre des technologies gratuites baissant votre capacité de recherche, et des technologies onéreuses permettant de restaurer votre capacité de recherche.
Ce système de hordes s’accompagne d’un système de jeu favorisant l’embuscade. Vos hordes qui se déplacent tendent automatiquement des embuscades aux armées ennemies, et vos campements sont camouflés. Contrairement au Chaos, le potentiel de survie d’une horde d’Hommes-Bêtes est sensiblement plus important. Vous disposez en outre d’un système de déplacement spécifique similaire aux sentiers souterrains des Orcs et des Nains, le Sentier des Bêtes, histoire de vous accorder un avantage supplémentaire en surprenant un adversaire.
Contrôlez votre rage.
Vous répandez la corruption chaotique partout où vous allez, vous pouvez piller et détruire des cités entières, et contrairement au Chaos deux hordes d’hommes-bêtes peuvent coexister sans heurts. Toutefois, il vous faudra composer avec un système de bonus / malus au moment des lunes du Chaos et avec la Rage Bestiale : cette dernière vous indique qu’une armée qui ne combat pas assez se délitera, tout comme les Orcs. A vous de maintenir cette rage à son plus haut niveau en accumulant destructions, victoires et pillages.
Portrait de famille.
Tous ces éléments font des Hommes-Bêtes une race plus capable que le Chaos de survivre, d’autant plus qu’ils se retrouvent directement dans un milieu hostile, entre les Bretonniens, l’Empire et les cité-états du sud. Concernant vos troupes, vous aurez de quoi faire : de nombreuses unités rapides pourront se placer en dehors de votre zone de déploiement pour surprendre l’adversaire, et vos unités lourdes et vos héros déchireront au sens propre les formations adverses. Le style de combat est résolument offensif. La contrepartie est que vos troupes sont peu résistantes et donc relativement faibles sur un combat à long terme. A vous d’utiliser vos troupes de choc pour désorganiser les lignes ennemies.

II. Une campagne additionnelle valable ?

Le prix du DLC est lié à l’ajout d’une race, mais aussi à l’ajout d’une campagne additionnelle. Intitulée « Œil pour Œil », elle se propose d’opposer le seigneur légendaire Khazrak le Borgne à l’humain Boris Todbringer, le tout sur une carte bien plus petite que celle de la grande campagne, zoomant sur l’Empire. 
Une carte limitée.
Vous vous retrouvez ainsi à la tête d’une horde sur une carte centrée sur la province impériale de Middenheim, au milieu d’humains et de quelques Orcs éparpillés. Votre but sera simple : imposer la désolation au sein de ces terres en évitant d’être annihilés par les grosses armées, et en jouant à l’embuscade.
Vos seigneurs ne font pas dans la dentelle
Si cette campagne remplit facilement son rôle d’introduction de la nouvelle race, nous permettant de saisir à une échelle moins vaste les mécaniques de jeu, elle pèche par son manque de profondeur. Ainsi, on ne retrouve aucune mécanique spécifique à la campagne : tout est jouable comme dans la grande. De plus, vous ne pouvez y diriger que les Hommes-Bêtes, ce qui limite fortement le potentiel de rejouabilité. Enfin, le tout devient vite assez répétitif au vu du faible nombre de factions à combattre…

Conclusion

Le prix fort élevé de ce DLC se lie à l’adjonction d’une nouvelle race, qui ravira les mordus du titre en manque de variété, et au rajout d’une campagne additionnelle qui, bien que sympathique pour se préparer au grand saut, manque cruellement de variété et de profondeur, en plus d’augmenter un peu artificiellement le prix.

lundi 15 août 2016

Critique n°34 : Kingdom : New Lands, ou le triomphe du capitalisme


Le Néerlandais Thomas Van Der Berg sort en 2013 un petit jeu flash intitulé Kingdom. Dans celui-ci, gestion et survie se mêlent dans une ambiance rétro affirmée par le pixel-art et la musique planante : vous dirigez un roi dans un monde en deux dimensions qui doit protéger sa couronne des monstres en maraude. Et pour ce faire, vous aurez besoin de monnaie. De beaucoup de monnaie. D’abord pour recruter les vagabonds inutiles des environs. Ensuite pour les équiper selon vos besoins : vos chasseurs-défenseurs auront besoin d’un arc, vos constructeurs-fermiers d’une faucille. Enfin pour étendre votre royaume à coup de barricades, de murs et de tours. Au fil des nuits, les attaques des monstres se font de plus en plus féroces, et les revenus de la chasse et de l’agriculture s’amenuisent, et vous voilà sans couronne, et donc sans royaume. Game Over.

Ce concept addictif a été ensuite retravaillé par notre Néerlandais et Marco Bancale, développeur d’origine italienne, qui sortent en octobre 2015 sur PC une version enrichie du concept initial, le tout pour une quinzaine d’euros. Les outils se faisaient plus variés, les ennemis se diversifiaient, les constructions s’étoffaient... Le 9 août 2016, une version encore enrichie sort, intitulée Kingdom : New Lands. Disponible gratuitement pour les possesseurs de l’opus précédent, à 15 euros pour les autres, nous voilà face à la bête (sur Mundus Bellicus aussi).

I. Un brin de gestion

Des débuts difficiles...
Vous commencez dans un bout de forêt, seul et sans or. Un fantôme d’un ancien temps se charge de vous montrer le chemin : vous trouvez des pièces, un foyer d’où faire partir un feu, et deux vagabonds. Vous allumez le feu, et deux baraques s’établissent : l’une fournit les arcs pour deux pièces, l’autre les marteaux de construction pour trois. Après votre tout premier mur, le fantôme disparaît, et vous voilà lâché sans aucune indication dans le grand bain. Il vous faudra comprendre les mécaniques de jeu par vous-mêmes, le tout dans la douleur puisque les vagues de monstres viendront toquer à vos portes tous les soirs.
...Jusqu'aux fermes et aux murs en pierres...
Vous apprendrez bien vite qu’il vous faudra vous balader dans les forêts pendant la journée pour trouver des vagabonds pour les attirer à coup de piécettes dans vos murs. Vous améliorerez vos murs, établirez des tours pour que vos archers puissent tirer plus facilement, construirez des fermes sur les cours d’eau pour établir une économie stable, moins dépendante de la chasse. Vous n’avez aucun ordre à donner : seul compte votre argent dans ce monde. Ce sera à vous de savoir gérer avec parcimonie vos revenus pour réussir à survivre : inutile d’avoir trop de fermiers quand vous manquez d’archers ; des murs bien améliorés valent mieux que des murs plus lointains mais faibles ; ces stèles étranges que vous trouvez en explorant pourront peut-être aider vos archers et vos constructions, etc. Vous apprendrez dans la douleur dans tous les cas.

II. Un zeste de survie

Des premières vagues faciles...
Car douleur il y a : chaque nuit, des monstres de plus en plus nombreux vous attaqueront de chaque côté. Contrairement à la version flash, tout ce qui n’est pas archer viendra se réfugier derrière vos murs, ce qui est appréciable, et vous aurez accès à beaucoup plus de moyens : si vous améliorez votre feu de camp en château, à vous armes de siège, soldats spéciaux, murs de pierres et tours immenses. 
...Des monstres avec des masques...
Les ennemis ne sont pas en reste : les monstres sont plus variés, et certaines monstruosités vous feront suer, d’autant plus au moment des lunes de sang, où la nuit prendra une teinte rougeâtre et où vous tâcherez d’être encore plus vigilant que la normale pour éviter l’anéantissement. Si vous êtes assez forts et confiants, vous pourrez peut-être attaquer en plein jour les terribles portails d’où ces monstres proviennent.
...Et des monstruosités
 III. Un monde à part

Un conseil : investissez. Croyez-moi.
Mais au-delà de toutes ces mécaniques assez simples à résumer, et qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes, c’est bien plutôt l’ambiance du soft qui détonne. A coup de graphismes minimalistes, de musiques planantes, d’une absence totale d’explication et d’une interface inexistante, vous vous prendrez rapidement au jeu de faire vivre un îlot de civilisation au milieu d’une terre hostile où errent vagabonds, monstres terribles et portails démoniaques. Explorer le jour, prier la nuit, et payer sans arrêt pour acheter votre survie, voilà ce qui attend votre roi ou votre reine, et ce concept est proprement addictif.
Si vous voulez partir de cette île, vous savez quoi faire.
New Lands offre davantage. Si dans le précédent opus, vous étiez directement propulsés dans le grand bain, à devoir apprendre de vos erreurs et à recommencer souvent, ce qui pouvait occasionner une certaine frustration et répétitivité, New Lands vous offre une difficulté progressive. La première île sur laquelle vous vous retrouvez n’a un portail que d’un seul côté, ce qui peut vous permettre d’appréhender les mécaniques beaucoup plus rapidement qu’auparavant. A vous ensuite de reconstruire à coup de piécettes un navire, de le protéger pendant qu’il rejoint son port d’attache à l’autre bout de la carte pour enfin découvrir l’île suivante, qui présentera un challenge plus corsé.
 
...Et moi je sais.
Rajoutez à cela un nouveau système de saisons, de nouveaux personnages et autres marchands humains écumant la carte, des montures supplémentaires et d’autres subtilités, et vous comprenez en quoi New Lands apparaît comme une version supérieure à son prédécesseur. C’est toujours aussi dur, toujours un brin répétitif sur le long terme, et mêlant toujours zen et stress.
Détruisez les portails aussi.
 Conclusion

Kingdom : New Lands est un jeu conceptuel. Si vous accrochez à celui-ci, vous aurez du mal à lâcher le soft et à perdre de vue votre petit royaume qui prend vie au fur et à mesure, et pour qui vous vous mettez à craindre vous-mêmes la nuit…

samedi 13 août 2016

Critique n°33-bis : Total War : Warhammer, Chaos Warriors Race Pack, le retour de la désolation

Nous l’avons dit dans notre charmante critique, Total War : Warhammer est un très bon jeu miné par des choix commerciaux pour le moins discutables. Et ce n’est pas le DLC (downloadable content) payant intitulé « Chaos Warrior Race Pack » dont nous allons parler aujourd’hui qui nous contredira.

La Gazette du Wargamer s'est chargée de publier ma critique allégée du jeu de base ici, et ce que vous vous apprêtez à lire avec joie et allégresse est la retranscription du test fait pour ce charmant contenu payant.

I. Lancement chaotique

Pour ceux qui se demandent ce que sont les Guerriers du Chaos, je conseille à ceux qui jouent une des quatre races du jeu d’attendre que l’invasion ne commence : à la tête de larges hordes, ils viendront piller vos provinces, brûler vos cités et corrompre votre peuple. En somme, ce sont les cavaliers de l’Apocalypse de Warhammer, presque inarrêtables.
"Il faudra payer pauvres mortels !"
Si vous avez précommandé le jeu au moment de sa sortie, ce DLC est automatiquement inclus. Mais pour les joueurs lambda, attendez-vous à un prix de 7,49€ pour pouvoir jouer une faction déjà présente, et ce le jour même de la sortie. Vous ferez vous-même vos conclusions sur ces pratiques commerciales de SEGA / Creative Assembly, mais ne soyons pas rancuniers, et analysons plus en détail ce qu’apporte ce pack.

II. La horde du nord

A la tête d’un des trois seigneurs légendaires, vous vous retrouvez au nord de la carte du monde. Vous êtes l’envoyé des dieux sombres, et vous êtes là pour mettre le monde à feu et à sang. Oubliez les cités souterraines des Nains et des Orcs, oubliez les cités en rase campagne de l’Empire, place aux hordes !
Une fois le campement installé, utilisez vos points de croissance avec parcimonie.
Ce système avait été mis en place dans Total War : Attila. Vous disposez au début de la partie de votre force armée principale dans le grand nord, au milieu des nains et d’autres tribus chaotiques. Votre but sera simple : pour vous préparer à rejoindre les forêts du Vieux-Monde, il vous faudra mettre à feu et à sang le nord pour faire évoluer votre horde.
Des objectifs de campagne simples et mortels.
Le système est simple : votre horde peut utiliser tout son mouvement pour aller de cités en cités, ou utiliser une petite partie de son mouvement pour pouvoir s’arrêter. Ce n’est qu’une fois votre horde à l’abri que vous pouvez recruter de nouvelles troupes, faire évoluer les bâtiments itinérants de votre horde et restaurer les forces de vos combattants.

III. Le corps-à-corps de la survie

Lorsque vos troupes se mettent en marche, c’est une autre histoire. Vous devrez piller, vaincre les troupes ennemies et mettre à sac les cités pour obtenir l’argent vous permettant de faire évoluer votre horde et gérer l’entretien de vos troupes. Vous devrez aussi raser les cités adverses pour empêcher un futur développement et gagner de précieux points de croissance : vous en aurez diablement besoin pour faire évoluer vos bâtiments. Notez que dans le nord, vous pouvez aussi établir des tribus vassales, histoire d’avoir un ou deux alliés en cas de coup dur.
Quelques alliés du grand nord en bleu.
Car la campagne du Chaos est une campagne assez difficile : votre horde est fragile, et vos troupes initiales assez faibles. Il vous faudra batailler sec pour ne pas vous faire balayer dans le grand nord et recruter vos premiers vrais Guerriers du Chaos, vos Trolls, vos chars et même le Canon de l’Enfer, arme de siège très puissante maniée par quelques alliés Nains du Chaos, sans parler des autres monstruosités, le tout à partir de votre argent et de votre croissance durement gagnée. Il vous faudra aimer les corps-à-corps violents, et les combats menés en infériorité numérique, car les défaites vous pénaliseront fortement.
Photo de famille.
La dernière « subtilité » du Chaos, outre les mécanismes de corruption chaotique qui vous aideront à affaiblir vos adversaires, c’est le fait d’établir une nouvelle horde : mais gare à l’entretien et à la proximité de vos deux hordes, puisque des malus importants se retrouvent si deux hordes partagent les mêmes plates-bandes !

Conclusion


Si l’on juge ce contenu additionnel sans parler de DLC ou d’argent, on ne peut qu’être conquis face à cette intégration du Chaos. Mener des cavaliers de l’Apocalypse à l’assaut du monde des vivants, gérer une horde qui évolue au fil du temps et se battre ne serait-ce que pour survivre face à l’ensemble des nations du monde restent des choses grisantes, et l’intégration au mode Campagne est propre et bien amenée.

Il est toutefois dommage de ne pas avoir proposé gratuitement une faction déjà présente dans le jeu de base. Il est doublement dommage pour les fans de l’univers de Warhammer de voir que nous ne disposons que des unités du Chaos « génériques », c’est-à-dire sans les unités spécifiques aux allégeances que vous pourriez prendre : vous ne trouverez point ici des Porte-Peste de Nurgle, des Horreurs Roses de Tzeentch, des Démonettes de Slaanesh ou des guerriers porteurs de la marque de Khorne. On aurait pu imaginer une lutte entre ces quatre factions se réclamant du Chaos. Si Total War : Warhammer est une trilogie, nous pourrons peut-être espérer un opus dédié à tout ceci.

jeudi 28 juillet 2016

Critique n°33 : Total War : Warhammer, la fantasy devenue réalité

Prenez Total War, une série de jeux vidéos commencée en 2000, et qui au fil des années est devenue une licence culte. Prenez le jeu de figurines Warhammer Fantasy Battle fondé par la société Games Workshop, avec son univers étendu depuis les années 80 à des dizaines et des dizaines d’œuvres écrites, de livres de règles, de livres d’armée, et à quelques milliers de pages. Liez le tout avec le développeur britannique Creative Assembly, éditez à coup de SEGA, et vous obtenez Total War : Warhammer. C’est sorti le 24 mai 2016, et il y a beaucoup de choses à dire, alors c’est parti.

I. C’est quoi un Total War ?

    A. Une série vidéoludique de stratégie-tactique

Total War, c’est une série vidéoludique développée par le studio britannique Creative Assembly, fondé en 1987. Après quelques jeux de sport ou d’action, et sans compter le médiocre beat’em up Viking Battle for Asgard (2008) ou le FPS horrifique Alien Isolation (2014), le studio lance en 2000 le tout premier Total War, intitulé Shogun : Total War, posant les bases de la série. Le principe restera à peu près le même : vous vous retrouvez sur une carte, divisée en provinces. Celles-ci sont soit contrôlées par vous, soit par vos adversaires, soit par des rebelles. Il vous faudra suivant la faction choisie en conquérir un certain nombre. 

Des batailles endiablées...
La partie gestion vous invite donc à déplacer vos armées, vos généraux, et à construire dans vos provinces des bâtiments économiques pour faire fructifier votre économie, et des bâtiments militaires pour recruter dans vos armées des unités de plus en plus puissantes. Lorsqu’une de vos armées attaque un château, une ville ou une armée ennemie, la partie gestion s’efface et vous vous retrouvez sur un champ de bataille. Celui-ci compte collines, forêts, marécages, murs, ou que sais-je encore. Vous déployez votre armée, divisée en unités de plusieurs dizaines d’hommes, l’ennemi fait de même, et vous voilà parti pour des prises de flancs, des charges de cavalerie dans le dos, des archers libérant des centaines de traits sur l’ennemi, et des unités blessées en déroute poursuivies par des troupes montées.
...Pour devenir Shogun à la place du Shogun !
     B. Une série à succès

Le studio britannique a développé cette formule pendant près de 15 ans : Shogun : Total War (2000), Medieval : Total War (2002), Rome : Total War (2004), Medieval II : Total War (2006), Empire : Total War (2009), Napoleon : Total War (2010), Total War : Shogun II (2011), Total War : Rome II (2013) et Total War : Attila (2015), sans compter les extensions proposant des campagnes et nations supplémentaires. Si vous êtes malins, vous n’aurez pas manqué de remarquer que la période historique devient postposée au nom Total War à partir de Shogun II. Après, ne comptez pas sur moi pour analyser ça plus en détail.

Certains préfèrent rire de tous ces DLCs.
Quoi qu’il en soit, des guerres de Rome aux guerres napoléoniennes, Total War a eu un succès qui s’est affirmé au fil des années. Des amateurs en sont encore à créer des mods (modification du jeu original) pour Medieval II : Total War, par exemple pour simuler l’univers de Lord of the Rings ou même le monde de Warhammer. Mais dès Empire, CA commence à se lancer dans le contenu additionnel à base de micro-paiements (DLC, downloadable content). Payer quelques euros pour quelques unités supplémentaires, ou une autre faction, ou même pour rajouter du sang dans les batailles deviennent monnaie courante. Beaucoup ont d'ailleurs pesté contre Rome II, où la moitié des factions ne sont jouables que si vous payez de nombreux DLCs. Si Total War : Warhammer a eu un lancement sans problèmes ni bug de toute sorte, contrairement à Rome II qui a divisé les fans, le problème est le même : seules 4 factions sont jouables, le reste sera à débloquer via quelques achats, ce qui peut donner l'impression à certains que le jeu n'est pas fini, et que les acheteurs sont pris pour des vaches à lait.

    C. Une série évolutive

Mais parlons rapidement de l’évolution des jeux estampillés Total War sans parler de DLC, et sans rappeler que les graphismes se sont considérablement développés en terme de qualité. Dans Empire, l’arbre technologique faisait son apparition, pour débloquer au fur et à mesure des bâtiments, des unités ou des améliorations, en plus de rajouter les batailles navales.

Une province et ses trois cités dans Rome II.
Dans Rome II, le système de provinces était bouleversé : avant, une province valait une ville, et ensuite une province valait trois ou quatre villes, et il fallait maintenant gérer les différents types de constructions en comptabilisant la province en son ensemble. Rome II développait aussi quelque peu la politique, forçait les armées à être commandées par des généraux, permettait aux armées de franchir automatiquement les cours d’eau, au risque de se faire attaquer par de vrais bateaux de guerre, et introduisait pour chaque armée une tradition militaire. Quant à Attila, on y retrouvait certaines factions « barbares » ne possédant pas de villes et se déplaçant en hordes : c’est-à-dire que certaines armées peuvent se sédentariser quelques tours pour construire quelques améliorations pour la horde mobile. Le jeu introduisait aussi la possibilité de raser une ville. Toutes ces améliorations ont permis de renforcer l'expérience Total War, et c'est ce qu'on va retrouver dans ce tout dernier Total War.

II. C’est quoi Warhammer Fantasy ?

    A. Un univers et un jeu de figurine
Un univers...
Warhammer Fantasy est un jeu de figurines dont la première édition remonte à 1983. La société Games Workshop qui le produit naît en 1975, et se concentre dans un premier temps sur la publication de wargame, soit des jeux de stratégie sur table simulant des situations de conflit. Au fur et à mesure du temps, GW se centre sur trois licences-phares : Warhammer Fantasy, Warhammer 40K et The Lord of The Rings. Déclinés en de multiples occurrences, les univers s’étoffent à base de livres d’armées, de livres de règles, de romans édités par la Black Library, voire de jeux. Dans l’univers de Warhammer, le jeu Battle oppose des formations de figurines à monter et à peindre dans un jeu de tactique militaire, tandis que le jeu Blood Bowl oppose des figurines à monter et à peindre pour jouer une version assez hardcore du rugby. Et ce ne sont que quelques occurrences de nombreux autres jeux tirés de l'univers.

...Et des batailles de figurines (Bretonnie et Hommes-Lézards).


    B. Des adaptations qui se multiplient

La licence qui a le plus de succès dans l’univers du jeu vidéo a souvent été Warhammer 40K, en témoigne la série Dawn of War commencée en 2004, et dont le prochain opus est prévu pour 2017. Pour Warhammer Fantasy, on avait bien de vieux jeux de stratégie, un jeu massivement multijoueur qui a fermé ses portes fin 2013, et un Warhammer : Mark of Chaos (2006) ressemblant à un clone de Total War, mais c'était à peu près tout. Les deux Blood Bowl (2009 et 2015) avaient quant à eux popularisé le jeu de figurine du même nom tiré du même univers. Et pourtant les adaptations de Warhammer Fantasy semblent avoir le vent en poupe en ce moment : Warhammer : End Times – Vermintide (2015) présente un jeu de tir et de combat à la première personne où des humains s'occupent de bandes de Skavens, Mordheim : City of the Damned, testé par moi-même et Total War : Warhammer vient de sortir. Et on ne parle pas même pas du Battlefleet Gothic Armada (avril 2016) et des autres jeux qui se préparent pour l’univers de Warhammer 40K.
Battlefleet Gothic Armada, inspiré d'un des jeux de figurines se déroulant dans l'univers de Warhammer 40K
Notons au passage que le jeu de figurine Warhammer Fantasy Battle a subi d'importants changements en été 2015, à la suite d’une gigantesque campagne agrémenté de livres et de batailles. L’univers de Warhammer, étoffé depuis 1983 avec des dizaines de races, des centaines de créatures, une chronologie, des mythes, un calendrier, une carte du monde, a pris soudainement fin après "l’invasion du Chaos". Le monde est détruit et entre dans l’« Age of Sigmar ». Le jeu de figurines en est chamboulé : fini les formations de troupes, place aux escouades à socle rond à la Warhammer 40K ; fini les dizaines de races, place aux conglomérats divers et variés. Rassurez-vous néanmoins, ce Total War se déroule avant ces funestes événements, d’autant plus que le partenariat entre CA et GW a été signé en décembre 2012. Ouf, diront les fans.
Le vieux Mark of Chaos...
...Et le mod pour Medieval II
III. Et ça donne quoi cette fusion ?

    A. Un Total War…

Total War : Warhammer est un jeu qui vous donne la possibilité de jouer quatre factions. Si vous connaissez les races de Warhammer, vous pouvez citer sans sourciller les chevaliers de la Bretonnie, les chars de l’Empire, les archers et guerriers émérites Elfes, Elfes Noirs et autres Elfes Sylvains, les immondes Skavens, les raclures du Chaos, les brutaux Orks, les mystérieux Rois des Tombes, les reptiliens Hommes-Lézards, et j’en passe. Pour les habitués des multiples factions de Total War ou des connaisseurs de l’univers Warhammer Fantasy, c’est la consternation. On va voir si elle est légitime.
Place aux hommes-bêtes...Si vous avez les moyens.
Nous pouvons donc contrôler les Comtes Vampires, l’Empire, les Nains et les Orcs. Rajoutez à cela le DLC pour jouer le Chaos sorti en même temps que ce Total War, et le DLC pour jouer les Hommes-Bêtes sorti le 28 juillet 2016. Conservant le système de provinces hérité de Rome II, vous vous retrouvez à contrôler une ville au sein d’une province rebelle, au milieu de gens hostiles. Votre première tâche sera ainsi de réunifier votre province de départ sous votre commandement avant de vous intéresser au monde qui vous entoure. Les Comtes Vampires finiront rapidement par s’occuper des autres Comtes, ce qui n’est pas le cas des Hommes, des Orks et des Nains. Il faudra tenter de former des Confédérations avec les peuples qui vous ressemblent autour de vous, à moins de tous les vaincre militairement.


Je m'étends avec l'Empire (rouge). Gare aux Orks, aux Nains, et aux Hommes en général !
Vous avez toujours des généraux commandant des armées, capables de franchir les cours d’eau. Vous devez développer vos provinces grâce au surplus de population bien que la gestion s’est grandement simplifiée, notamment au niveau de la gestion de l’impôt et de la nourriture. Et oubliez le système des saisons.

    B. …Mais surtout un jeu Warhammer !

Mais c’est sans compter la pléthore de nouveautés que comporte cet opus. Même si le nombre de factions est ridiculement faible, elles sont toutes différents et se jouent de manière fort diverse. Les Comtes Vampires peuvent recruter des morts-vivants, mais aussi les sortir de terre pour combler rapidement les écarts de nombre. De plus, leur armée brûle au contact du soleil, et il vous faudra étendre la corruption vampirique grâce à vos agents dans les provinces alentour pour que vos rituels malsains puissent générer un nuage cachant la lumière du soleil, vous permettant de vous étendre sans pertes. Vos troupes ne fuient jamais et infligent la peur. Vos zombies et vos squelettes sont accompagnés de loups, de chauve-souris et de créatures bien plus malfaisantes encore.


Les Trolls sont rarement contents...
Les Orks sont eux des barbares brutaux qui doivent se battre et piller sans cesse pour remplir leur jauge de combativité, faute de quoi ils se battront entre eux. Si vous réussissez à maintenir un élan fort de combativité, vous pourrez lancer une Waaaaaagh !, ce qui signifie que vos adversaires vont méchamment déguster face à vos araignées géantes, vos trolls, vos chevaucheurs de sangliers, vos gobelins et vos gros orks noirs. Vous pouvez même passer par les souterrains pour surprendre vos adversaires.


Les géants non plus...
Les Nains devront beaucoup plus temporiser, s’unir en confédérations, vivre par le commerce et la richesse, tout en se défendant à coup de canons, de gyrocoptères, d’arquebuses et de guerriers nains solides leurs cités et leurs souterrains, car eux aussi peuvent passer par ceux-ci pour surprendre leur entourage. Par ailleurs, les Nains ont un livre des rancunes : chaque méfait, chaque marque de déshonneur doit être payé dans le sang. Des Orks qui passent sur votre territoire ? Vengeance. Des hommes qui refusent un traité commercial ? Vengeance. Ces quêtes devront être résolues le plus vite possible pour maintenir votre peuple heureux.


Attendons le vil malandrin de l'est.
Enfin vous avez l’Empire, qui ressemble le plus à une faction classique d’un Total War, et qui se retrouve au milieu de tout. Rajoutez si vous avez envie les hordes du Chaos ou les hordes des Hommes-Bêtes, dont nous reparlerons plus tard, et vous voyez que la force de ce Total War est la diversité au niveau des unités et des mécaniques de jeu.

    C. Et le reste ?

La carte du vieux monde est reproduite de manière satisfaisante, bien qu’il manque énormément de factions jouables. Vous dirigez un seigneur légendaire, qui pour la première fois dans un Total War, est sans escorte. Il faut dire que ces seigneurs sont extrêmement puissants par eux-mêmes. Ce sera lui qui gagnera au fil des batailles de l’expérience, des niveaux, et pourra la dépenser à coup de capacités martiales, de soutien ou se payer une monture monstrueuse.  Les autres généraux ne seront pas en reste, puisque chaque armée aura son seigneur, et c’est un plaisir de pouvoir les customiser, d’autant plus que vous pouvez rajouter de l’équipement gagné grâce à des quêtes héroïques ou à des victoires tonitruantes.


L'équipement de mon seigneur légendaire...
...Et ses compétences : arme spéciale, cheval bardé de fer, et insufflant le courage dans le coeur de ses hommes
Vous pouvez aussi rajouter à ce cocktail la gestion de la magie en fonction de vos seigneurs et de vos agents présents sur la carte de campagne ou sur le champ de bataille. Boules de feu, invocations de zombies, vortex, vous devrez utiliser les magies qui vous sont accessibles pour précipiter dans l’horreur les formations qui vous font face (petite pensée pour les nains sans magie).


Le vortex du Shaman Ork vous filera les miquettes.
Vous voilà donc sur une carte de campagne où il vous faudra planifier votre extension, faire attention à la corruption vampirique et chaotique, en sachant que l’invasion finale du Chaos viendra toujours pimenter vos fins de parties. Vous devrez faire tout ce qu’un Total War  et un jeu Warhammer vous permettent de faire : recrutement d’armées, d’agents, de seigneurs, customisation, gestion de l’animosité ou des morts, construction de bâtiments, améliorations technologiques, etc. Et ça marche extrêmement bien. On se retrouve dans les débuts de partie happé par tout ce qui se passe à l'écran, bien que le milieu de partie nous fasse souvent stagner.


Technologie humaine...
...Et bâtiments nains sur plusieurs niveaux.
Sur le champ de bataille c’est une autre histoire. La simplification relative de la gestion sur la carte de campagne, notamment au niveau de l'impôt, montre que les développeurs avaient un but : nous donner les moyens departiciper à des batailles dantesques, où des piquiers tiennent leur position, où des arquebusiers repoussent une charges d’Orks, où des Trolls arrivent entre vos lignes et écrasent vos malheureux hommes, où votre général à dos de griffon désarçonne une unité de cavalerie sur sangliers par lui-même et où le shaman ennemi engloutit vos troupes avec un sort de destruction. On n’a jamais pris un tel pied à faire une bataille en temps réel, à contourner les formations ennemies et à planquer nos cavaliers dans la forêt. Pour les sièges, ils sont rendus plus dynamiques : seuls un ou deux murs sont attaquables à la fois, et votre armée commence directement près des murs. Notez en plus que des monstres sont capables de briser les portes sans s’aider de misérables béliers.


CHARGE !!!
L’IA est relativement intéressante, n’hésite pas à vous contourner, ou à attaquer sur la carte de campagne là où ça fait mal (en difficile). Mais si vous en redemandez encore, vous aurez accès au multijoueur où tout se mélangera très vite, et où tout sera aussi épique qu’en solo.

Conclusion

Total War : Warhammer n’est pas un jeu complet. Il lui manque des tas de factions pour prétendre à l’excellence, et ses DLCs commencent sérieusement à ennuyer les acheteurs. Mais ses races spécifiques, ses unités uniques, ses combats dynamiques, son système de personnalisation de personnages, et sa magie lui donnent un charme fou, et il devient nécessaire de vous procurer cet opus si vous aimez la stratégie et la fantasy. Il aurait pu être bien mieux, mais en l’état, il est ce qui se fait de meilleur en terme de stratégie-tactique à la sauce fantasy.


D'aucuns diraient que beaucoup de DLCs, même gratuits, témoignent d'un jeu non fini, mais bon...
Alors prenez votre hache, harnachez votre griffon et plongez sur des morts-vivants, vous ne le regretterez pas. Ou alors attendez les elfes. C''est vous qui voyez.

mercredi 27 juillet 2016

Critique n°32 : Furi, le jeu français qui tranche à coup d'électro

Cette critique se retrouvera d'une part sur ce blog que vous lisez, admirables êtres, d'autre part sur le site de Mundus Bellicus où d'autres admirables êtres contemplent la vérité pleine et entière du jeu vidéo. Enfin je crois. Bonne lecture en cette fin de juillet cataclysmique !

Introduction

Les éditeurs et développeurs français de The Game Bakers, établis à Montpellier depuis 2011, ont sorti en juillet 2016 Furi, tournant à la fois sur PC et sur PS4. Il rencontre un certain succès et tranche pour le coup par rapport à la production antérieure de nos Montpelliérains, habitués des jeux mobiles. Tâchons avant tout de résumer leur production antérieure.

A la base du studio, on retrouve le jeu Squids, datant de 2011 et disponible sur tablettes IOS et Android. Vous y dirigez un groupe d’habitants des profondeurs qui se retrouvent face à des adversaires coriaces. Il s’agit dès lors de les projeter sur les ennemis en profitant des angles d’attaque et du décor, tout en les faisant évoluer entre chaque affrontement. Squids Wild West (2012) change quelque peu le style, et Squids Odyssey (2014) se paie le luxe d’arriver sur Wii U et sur 3DS. Quant à Combo Crew (2013), c’est un jeu de combat sur tablette basé sur un système de contres et d’attaques en utilisant son doigt sur l’écran tactile.
Dans Squids, des créatures aquatiques et des chocs corporels sont au menu.
Aussi, annoncé fin 2015, Furi interpelle. Il se présente comme un jeu rapide, nerveux, requérant du doigté, centré sur des combats intenses de boss, le tout sur de la musique électro parfois bien de chez nous, french-électro oblige. Les designs des personnages sont quant à eux travaillés par Takashi Okazaki, le papa du manga bien violent et aussi tranchant qu’un katana qu’est Afro Samurai. Nos amis français ont donc de bons contacts, et aussi une bonne communication, puisque ces détails sont bien mis en avant. Reste à voir ce qu’il en est du jeu proprement dit.

I. Une plastique réussie ?

Vous êtes emprisonnés, torturés, en miettes, mais un personnage extrêmement étrange à masque de lapin s’amuse à vous libérer. Cet étrange comparse, ressemblant dans le déroulement de l’aventure à Ninja Ninja, le compagnon d’Afro Samurai, va vous guider dans des décors assez psychédéliques tout en vous expliquant entre chaque combat les enjeux, en vous délivrant petit à petit les informations qui vous manquent, c’est-à-dire tout.
Une île sur du vide, quoi de plus poétique ?
Ces phases de marche sont des pauses méritoires après des combats particulièrement brutaux, mais restent assez lentes, voire beaucoup trop. Mais entre les décors alliant tous les paysages, bousculant parfois la gravité dans un trip de science-fiction où chaque boss tué ouvre une porte vers l’île flottant dans le vide se trouvant juste en-dessous, et la musique électro planante, vous vous retrouvez dans une ambiance bien particulière.

Dans le même bateau ? Tu m'aides quand tu veux homme chelou à tête de lapin.
II. Flingue et katana, le duo de choc

Une dizaine de gardiens va vous barrer le chemin, et comme je suis gentil, je ne vous en montre qu'un en image. A priori, ils n’ont pas envie que vous sortiez. Avant chaque combat, votre bon samaritain à tête de lapin vous expliquera rapidement ce qui vous attend, et vous vous devrez d’affûter correctement vos armes. Chaque boss représente un combat unique, divisé entre plusieurs phases. Chaque phase se compose généralement d’une partie tir, où il vous faut éviter les multiples attaques à distance de vos adversaires tout en épuisant leur bouclier avec vos propres tirs, puis d’une partie corps-à-corps où vous vous rapprochez énormément, et où il vous faudra utiliser des contres, des frappes chargées, et guetter la moindre ouverture dans les attaques adverses pour y porter votre lame. 
L'ennemi s'amuse à tirer...
Une fois que vous avez suffisamment attaqué votre adversaire, la phase suivante s’engage, et c’est l’occasion pour votre ennemi de diversifier de plus en plus ses coups, et de vous surprendre davantage, tout en vous faisant suer derrière votre clavier. Quant à vous, vous avez trois vies. Si vous êtes convenablement amoindri par les attaques adverses, vous en perdez une, et la phase de combat dans laquelle vous êtes redémarre : si vous aviez détruit le bouclier adverse et aviez entamé le corps-à-corps de fin de phase, il vous faudra à nouveau attaquer le bouclier. A chaque changement de phase, vous regagnez une vie. 

...Alors punissez-le au corps-à-corps quand vous pouvez.
Entre attaques-éclairs, rayons de la mort, ondes de choc, attaques furieuses, il vous faudra user correctement de vos deux armes, de votre parade, et de votre esquive. Les développeurs vous recommandent une manette, mais y jouer avec un clavier et une souris est tout à fait possible, comme en témoigne votre humble serviteur. Et pour un jeu de combat, Furi s’en sort avec les honneurs. Chaque combat de boss se veut unique, entre celui qui manipule le temps, celle qui veut vous annihiler à coup de rayons ultimes, ou encore celui qui se trimballe dans une grosse armure. Et chaque combat sera difficile, du moins jusqu’à ce que vous repériez les failles dans les styles de combat adverses. Une franche réussite.

Conclusion

La patte manga, la musique électro, le décor planant et l’ambiance unique, bien que parfois plombée par quelques lenteurs entre les combats, s’accompagnent de combats brutaux, nerveux où il vous faudra utiliser tous les mouvements à votre disposition pour contrer des adversaires coriaces qui tenteront de vous détruire à coup de rayons, de bâtons ou d’autres joyeusetés. 
N'en perdez pas le sens de la gravité.
Le titre du studio franco-français réussit donc son pari de sortir du monde des tablettes et des consoles portables, en partie grâce à de bons collaborateurs, et surtout grâce à un système de jeu basé sur des combats de boss, à la manière des No More Heroes (2007, Wii) et autres. Reste à voir ce que nous promet dans l'avenir ce studio de développement.